"Préfet
ou Haut-Commissaire entre deux mercredis", c'est ainsi que
Vincent Bouvier, Haut-Commissaire de la Nouvelle-Calédonie, décrit
sa situation. Son rôle est presque équivalent à celui du préfet
en métropole. Le Haut-Commissaire est nommé par le gouvernement
pour représenter l'Etat dans ce territoire d'Outre-Mer. Il a moins
de pouvoir, moins de compétence qu'un préfet traditionnel.
Néanmoins, son rôle est de mettre en relation les différents
acteurs et partis pour trouver une entente. Ce lien est important
pour le bon fonctionnement et l'avenir du pays.

L'objectif
de l'Etat est d'essayer d'avancer ensemble avec tous les partis
(indépendantiste ou non), en faisant participer toute la société.
Pour faire avancer les choses, l'Etat organise des programmes pour
offrir un meilleur avenir à la Nouvelle-Calédonie.
Tout
d'abord, son premier enjeu est de s'intéresser au statut des kanaks.
Bien qu'ils représentent 40% de la population calédonienne, ils
sont très minoritaires dans les emplois à haute responsabilité
tels que ceux de la police ou de la justice. L'Etat essaye donc
d'entreprendre des démarches pour que les kanaks puissent accéder à
des postes importants comme avec le programme "400 cadres"
(Accords de Nouméa).
Le
rééquilibrage économique et social est un autre point essentiel.
Il existe des inégalités sociales entre les différentes provinces.
De plus, la vie est chère ce qui accentue les inégalités. Enfin,
la jeunesse kanake est sujette à Nouméa à d'autres problèmes
notamment le clivage entre la vie en tribu et la vie citadine. Les
jeunes sont en recherche de plus de liberté car la vie en tribu ne
leur convient plus. Ils vont donc vivre dans la capitale mais ne se
reconnaissent plus dans ce mode de vie. Différentes associations
viennent en aide à ces jeunes comme l'association des "Jeunes
de la Vallée du Tir".
La question
d'indépendance est présente partout. "Je ne dirais pas mes
convictions, ce n'est pas mon rôle" dit le Haut-Commissaire de
Nouvelle-Calédonie. Pour lui, c'est aux calédoniens de décider de
l'avenir de leur pays en toute liberté.
Deux
solutions d'indépendance intermédiaire sont envisageables : la
première est l'indépendance totale de la Nouvelle-Calédonie. Elle
n'aurait alors plus de lien direct avec la France métropolitaine.
Les calédoniens pourraient alors avoir leur propre passeport, leur
armée, leur justice ainsi qu'une place à l'ONU. Cela est-il
réaliste? Il ne faut pas que la Nouvelle-Calédonie devienne comme
Nauru, une île du Pacifique qui, après son indépendance a connu de
réels problèmes et s'est enfoncée dans un trou de misère. La
deuxième solution est une indépendance partielle où la
Nouvelle-Calédonie garderait une attache à la France. Elle serait
ainsi indépendante avec un soutien de l'état français pour
l'armée, la justice…
Par
conséquent, le Haut-Commissaire a un rôle important pour l'avenir
du pays, bien qu'il soit sur un siège éjectable. En effet, chaque
mercredi, lors du conseil des ministres, son avenir peut être à
tout moment remis en question et il peut se voir destituer de ses
fonctions s'il ne répond pas aux attentes du gouvernement.
Ecrit par Louna, Garance et Alan
Photos : Alan
Ecrit par Louna, Garance et Alan
Photos : Alan
vivement vos premiers reportages maintenant que vous avez fait vos premiers pas à l'autre bout du monde!
RépondreSupprimerVous avez le Caillou sous les chaussures et surement plein de nouvelles choses en tête (et pas seulement la pluie ou la chaleur)!
RépondreSupprimersuper article
RépondreSupprimertrop cool
RépondreSupprimerfélicitation à Louna Garance et Alan! De vrais journaliste !!!
RépondreSupprimerchouette! Bien écrit ce portrait d'un homme politique (aux pouvoirs limités) à quelques années du référendum
RépondreSupprimerSuper article, très instructif. Si vos articles maintiennent le même niveau, je sens que je vais devenir accro et les attendre avec la même impatience que le nouvel épisode d'une bonne série à la télé... Bravo !
RépondreSupprimerIntéressant et édifiant.
RépondreSupprimerBravo aux journalistes et aux photographes en herbe !